Pour une pratique expérimentale de l'espace

Samedi 17 septembre 2016
15h à 19h

Synesthésie

Jean-Sébastien Mariage, Claire Bergerault, City Dragon, Louis Laurain et Julie Rousse

Commissariat : Détail (Line Gigot & Charlie Hewison)

Pour les Journées du Patrimoine, Synesthésie investit l’îlot n°8, ensemble de l’architecte Renée Gailhoustet, dans lequel se trouvent les bureaux de l’association. Cet îlot de béton, qui rappelle l’esthétique brutaliste, offre à ses usagers une multiplicité de propositions spatiales incitant chaque habitant-e à pratiquer la ville à sa manière. Leurs appropriations singulières posent donc l’usage de nos espaces communs comme pratique expérimentale. Le temps d’une journée, les artistes invité-e-s utiliseront les qualités de cet espace pour transformer, à travers leurs concerts et performances, notre perception des lieux.

En présence de Renée Gailhoustet.

« La vie n’est pas une marche ou un flot homogène et ininterrompu, elle est davantage comparable à une série d’histoires comportant chacune une intrigue, chaque habitant étant marqué par une qualité unique. Chaque interaction entre l’être vivant et son environnement fait partie de l’existence, et si cette interaction est riche d’émotions et d’idées, pourquoi l’habitat ne l’exprimerait-il pas ? Pour [Renée Gailhoustet], ce qui dépersonnalise est inacceptable et favorise le mal-vivre. Le savoir-habiter passe par le respect du savoir-vivre. »
Patrick Bouchain, Habiter, c’est vivre, in La politesse des maisons. Renée Gailhoustet, architecte. Actes Sud, 2009


2016 Line Gigot


L’îlot 8 Saint-Denis
Il compte 185 logements, 1054m2 de bureaux et 7685 m2 de commerces et parkings. Il a été construit d’octobre à décembre 1981. Son cœur est destiné aux habitant-e-s, et présente un calme alternatif aux mouvements et bruits continuels de l’espace de la rue. Il se construit donc comme un entre-deux, suspendu et offre un régime d’attention intermédiaire, à la fois intime et partagé.
« À la monofonctionalité, ils [Renée Gailhoustet et Jean Renaudie] opposent des constructions entremêlant logements, équipements publics et commerces. Comme alternative à la disposition répétée de la cellule imposant coin jour avec cuisine proche du séjour et coin nuit des chambres et impliquant la présence de couloirs, ils proposent des espaces très diversifiés, sans schémas ni codes préétablis. Le mode de construction est pensé en corrélation avec la disposition de l’habitat : aux murs porteurs parallèles est préférée une structure sur poteaux permettant le libre croisement et l’ouverture maximale des façades. Et plutôt que l’apparente rentabilité de l’angle droit, ils préfèrent les géométries inexplorées dans le cadre du logement des triangles et cercles.
Le plan d’étage devient une imbrication de figures à l’image d’un puzzle, au sein duquel chaque espace est unique. À cela s’ajoute le profil pyramidal des constructions qui induit une différenciation des étages. Cette conception de l’habitat a une réelle implication sur le mode de fabrication de l’architecture : projeter ne répond pas à une recette et à son application répétée mais à un processus, un work in progress à chaque fois réactivé. Outre des logements dessinés de manière à exploiter au maximum leur surface, on doit à Jean Renaudie puis à Renée Gailhoustet la multiplication des duplex et des terrasses entièrement recouvertes de terre végétale. »
Bénédicte Chaljub, in La politesse des maisons. Renée Gailhoustet, architecte. Actes Sud, 2009

Urbanité
« C’est la politesse des maisons. Portes chaleureuses, porches accueillants, escaliers pour grimper et pour s’asseoir, perrons discrets ou somptueux, balcons fleuris, la maison, dans la ville, s’occupe de l’autre, connu ou inconnu. C’est aussi l’unité recomposée d’un ensemble à partir de ses éléments discontinus. »
Renée Gailhoustet, Abécédaire. Jeux de construction, in La politesse des maisons. Renée Gailhoustet, architecte. Actes Sud, 2009


2016 Olivier Michel


Jean-Sébastien Mariage
« Au delà de quelques illustres guitaristes (amplifiés) qui ont marqué l’histoire du jazz, le grand développement des qualités sonores de la guitare électrique fut initié en majeure partie par des guitaristes de rock, le plus souvent aux travers d’expériences inconscientes et non préméditées. Mais les possibilités que ces musiciens ont révélées sont aujourd’hui consciemment élargies par un grand nombre de guitaristes d’avant-garde qui ne peuvent être assimilés ni au rock, ni au jazz, ni vraiment aux musiques électroniques, mais qui se trouvent au centre du développement et des préoccupations de toutes ces formes musicales, avec comme point d’ancrage : l’improvisation. Jean-Marc Montera, Stephan Wittwer et aujourd’hui Jean-Sébastien Mariage font, entre autres, partie de cette famille de musiciens qui perpétuent le défrichage et qui d’une manière ou d’une autre, au travers de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux font évoluer l’instrument, le transcendent, l’ouvrent à des sonorités inattendues, à des musiques insoupçonnées. De Hendrix à Bailey, la guitare électrique est devenue un instrument susceptible d’une remise en question d’idées préconçues sur la nature réelle de la musique et du son et sur ses véritables fonctions tant artistiques que politiques. » Théo Jarrier
http://jeansebastienmariage.free.fr


2016 Olivier Michel


Claire Bergerault
De la voix, il s’agit de retenir le son premier, le son brut. Comme une onde sonore redessinant l’espace, la voix de Claire Bergerault sculpte, traverse et imprime la matière en tissant des liens, loin, là où l’on ne sait pas. Chanteuse, accordéoniste et chef d’orchestre, elle participe aujourd’hui à plusieurs projets dans le domaine de la musique improvisée, expérimentale, ainsi que celui de la musique contemporaine. Elle joue en solo, en duo ou en trio, que ce soit à la voix seule ou avec l’accordéon, et collabore avec de nombreux musiciens comme Jean-Luc Guionnet dans le duo « Mune », Thomas Tilly et Fabrice Favriou dans « L’échelle de Mohs », Fabrice Favriou dans le duo « Agrafe », Sophie Agnel, Eric Brochard... Dans le but de continuer l’expérimentation sonore à l’échelle de l’orchestre, elle fonde Le Lobe, ensemble de 22 musiciens improvisateurs, qu’elle dirige depuis sa création en 2010.
http://www.clairebergerault.com


2016 Olivier Michel


City Dragon
Max Kaario est canadien, il vit et travaille à Paris depuis environ cinq ans. Impliqué dans divers projets collaboratifs (frgttn, Double Doux, Deerdrum, Metakingdom...) City Dragon est son projet solo, excellant dans des performances d'une grande intensité, "hypnotico-chamaniques", basées autour de boucles improvisées et détournées avec instruments percussifs, objets divers, jouets, instruments à vent, voix.
Depuis 2011, il organise les séries d’évènement « Sick Times » et « cmptrmthmtcs », une association dédiée à l’organisation d’événements musicaux qui entrecroisent les attentes en mêlant les genres et en confondant l’amateur avec le professionnel. Il est également un des fondateurs de l'association Cairos Edition.
http://maxkaario.wixsite.com/citydragon


2016 Olivier Michel


Louis Laurain
Tout en développant sur son instrument un langage personnel et original, Louis Laurain recherche à travers ses différentes collaborations une approche intuitive et spontanée de la musique. De ce fait, son travail s’oriente essentiellement vers les différentes formes de musique improvisées au sein de plusieurs formations allant du solo au grand ensemble. Son travail s’articule autour de deux axes principaux : d’une part, une approche acoustique de l’instrument à travers la recherche de sons et d’effets sonores toujours en relation avec l’espace dans lesquels ils sont produits. Et d’autre part, un travail sur l’amplification de l’instrument (“close miking”) dans le but de créer l’illusion d’une machine-instrument électrique ou électronique.
http://www.louislaurain.com


2016 Olivier Michel


Julie Rousse
Julie Rousse est artiste sonore, improvisatrice et compositrice électroacoustique. Son travail est varié et s'exprime à travers de très nombreux projets, à commencer par son activité principale : les performances live, les installations sonores, mais aussi des musiques de films, des collaborations avec des chorégraphes ou metteurs en scène, des créations sonores pour des photographes, etc.
Phonographe passionnée, elle est toujours à la recherche de nouvelles sources sonores à travers l'Europe et le Monde, explorant les possibilités de captation dans des contextes spécifiques et choisis (urbains, naturels ou industriels) ; des microphones variés et des enregistreurs différents ; des sources d'archives télévisées ou radiophoniques, etc. Elle oscille entre la pureté des enregistrements et une attirance particulière pour les engins archaïques et considère le microphone comme un instrument.
http://julie.la.rousse.free.fr


2016 Olivier Michel



2016 Olivier Michel


2016 Olivier Michel


2016 Olivier Michel


2016 Olivier Michel



Entrée libre

Synesthésie
1 ter place du Caquet 93200 Saint-Denis
+33 (0)1 40 10 80 78 — syn [at] synesthesie.com

Accès
Métro ligne 13 – Basilique de Saint-Denis (sortie 2 par la place du Caquet)
RER D et H – Saint-Denis
Tram T1 – Basilique de Saint-Denis

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